Reconstruire le sein sans prothèses

Les techniques de reconstruction mammaire ont profondément évolué au cours des dix dernières années. Sont apparues récemment des techniques fiables laissant peu de séquelles et permettant de reconstruire le sein de façon naturelle.

 

On parle de reconstructions mammaires autologues. Ce terme s’oppose aux techniques classiques de reconstruction du sein par implant de prothèses en silicone. Ces techniques, maintenant anciennes, sont simples et rapides. Mais elles ne donnent pas toujours  des résultats stables dans le temps, surtout après une radiothérapie.

 

Il existe principalement 2 techniques autologues : le lambeau de grand dorsal suivi d’injection de graisse (lipofilling) et le lambeau abdominal DIEP. Nous privilégions, lorsque c'est possible, le lambeau DIEP qui permet une reconstruction plus naturelle :  il utilise la peau et la graisse du ventre sans sacrifier de muscle (contrairement au lambeau de grand dorsal)

 

La technique du DIEP est désormais standardisée avec un taux de complications faible. Pendant qu’un premier chirurgien enlève la cicatrice de l’ablation du sein et prépare une artère et une veine sur le thorax de la patiente, un deuxième chirurgien prélève la peau et graisse du ventre sans muscle mais en incluant une artère et une veine.

 

Veines et artères sont ensuite réunies et suturées sous microscope . Le sein est reconstruit naturellement et le ventre est plus mince. 

 

Avantage majeur du DIEP : il permet une reconstruction naturelle sans corps étranger, sans  sacrifier de muscle et stable dans le temps.

Les résultats esthétiques sont sans égal, étonnants de naturel aussi bien dans l’aspect qu’au toucher. Les patientes intègrent vite ce « nouveau sein ».

 

Inconvénient majeur : c’est une technique complexe et longue nécessitant 2 ou 3 chirurgiens en même temps. Malheureusement, il n’existe qu’environ une trentaine de chirurgiens plasticiens français formés et pratiquant la pratiquant régulièrement.

 

C’est une technique longue (en moyenne 5h à comparer à 1 h pour une reconstruction par prothèse). Cette durée d’intervention pose aussi un problème financier majeur responsable d’une difficulté d’accès à cette technique pour les patientes qui ont en besoin. 

En effet, la sécurité sociale attribue une enveloppe globale (GHS) à une clinique ou un hôpital pour un certain type d’intervention. Et cette enveloppe n’est majorée que de 15 % pour un DIEP par rapport à un implant. Que cela soit en clinique privée ou à l’hôpital, une reconstruction DIEP se fait pratiquement à perte pour l’établissement.

 

Le problème financier est identique pour les chirurgiens qui sont rémunérés par l’assurance maladie environ 2 fois moins qu’en Belgique, 8 fois moins qu’en Allemagne et 15 fois moins qu’aux Etats-Unis.

Au tarif opposable, l’intervention se fait à perte pour un chirurgien libéral qui malheureusement doit demander des compléments d’honoraires. Ainsi, alors que la moitié des reconstructions mammaires sont autologues au Royaume uni, ce taux est inférieur à 1 cas sur 5 en France.

 

Quelques rares centres privés ont décidé de promouvoir la technique DIEP, malgré le problème financier.

Ainsi la clinique de l’Alma a passé une convention avec l’Institut Français du Sein pour proposer une prise en charge de pointe, accessible financièrement aux patientes. Elle leur permet une reconstruction avec les techniques les plus adaptées et les plus actuelles.

 

 

Pour en savoir plus :

 

Le site de l'association pour la reconstruction du sein par DIEP

 

Le site plasticiens-paris

 

 

 

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