Faut-il retirer ses prothèses mammaires ?

L’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient d’interdire les implants mammaires macro texturés ou recouverts de mousse de polyuréthane.

À l’appui de cette décision, il faut retenir que le risque de lymphome anaplasique à grande cellules (LAGC) est quasi nul avec les implants lisses, d'1 cas sur 3000 avec les implants macro texturés ou recouverts de polyuréthane et d'1 cas sur 30000 à 50000 pour les implants micro texturés.

 

Les implants concernés par la mesure de retrait  sont les suivants ALLERGAN Natrelle Biocell, les implants ARION monobloc texturés, les implants SEBBIN anatomiques texturés, les implants NAGOR texturés, les implants EUROSILICONE Matrix texturés et les implants POLYTECH texturés et recouverts de mousse de polyuréthane.

 

 

Notre avis

 

Compte-tenu de l’augmentation importante des cas de LAGC cette décision nous apparaît pleinement justifiée. Les LAGC sont, en effet, essentiellement liés à l’utilisation d’implants macro texturés.

70 cas ont été répertoriés en France, environ 700 dans le monde. Même si le LAGC est souvent une maladie à (relativement) bon pronostic, certains cas se sont avérés mortels, malgré la chimiothérapie réalisée.

 

L’Institut Français du Sein est voué au soin du Cancer. La reconstruction mammaire est indissociable de ce soin et fait partie des priorités exposées dans le dernier plan Cancer (objectif 9.10).

Pour de multiples raisons, que nous avons déjà évoquées, nous ne pensons pas que l’utilisation d’implants mammaires doive constituer un «Gold Standard» dans la reconstruction.

Pour autant, les implants peuvent être utiles dans certains cas précis.

La décision courageuse de l’ANSM nous conforte dans notre attitude : Que ce soit dans le cadre d’une reconstruction mammaire ou d’une symétrisation, nous utilisons exclusivement des implants à surface lisses.

 

 

Si vous êtes porteuse des implants concernés par la décision de l’ANSM

 

Le LAGC apparaît en moyenne 7 à 10 ans après la pose d’implants, mais ce délai n’est pas formel.

Que ce soit pour une chirurgie esthétique ou pour une chirurgie réparatrice (reconstruction mammaire), les instances officielles ne recommandent pas d’ablation préventive (pas de remboursement systématique par la sécurité sociale (comme cela a été le cas dans les implants PIP).

Les patientes sont invitées à consulter tous les ans leur chirurgien afin de  mettre en évidence une rupture (l’IRM est un examen performant pour le diagnostic de rupture). Si l’implant est rompu l’ablation est recommandée et pourra être remboursée.

 

Les signes d’inquiétude en dehors de ces visites systématiques (douleur d’apparition subite, augmentation de volume, apparition de ganglions, fatigue, fièvre) doivent amener à consulter rapidement.

 

 

Faut-il faire retirer ou changer ses implants ?

 

L’ANSM ne recommande pas l’ablation préventive des implants, mais une vigilance accrue.

Cependant, pour ce qui nous concerne, nous pensons que les femmes porteuses d’implants macro-texturés devraient envisager sérieusement un retrait (associé à une capsulectomie complète) et ce même en l’absence de rupture.

En effet, au vu du risque élevé de LAGC, il ne nous parait pas suffisant de proposer à ces patientes une simple surveillance (qui, de fait, n’est pas performante : le LAGC peut survenir de façon brutale et sans signes avant-coureurs).

 

Un remplacement par des implants texturés par des implants lisses est possible.

En chirurgie reconstructrice après ablation du sein, nous vous recommandons une ablation de l’implants et un remplacement par une technique de reconstruction sans prothèse (lambeaux autologues DIEP, PAP ou Grand Dorsal).

 

Le risque existe également pour les implants micro-texturés (mais 10 à 20 fois moindre qu’avec les implants macro-texturés. Une ablation préventive nous semble excessive en dehors de signes d’usure de l’implant en IRM.

 

 

Au final : quoi faire ?

 

Il ne faut pas minimiser les inquiétudes liées à cette annonce de l’ANSM. Après le scandale des prothèses PIP, cette nouvelle vient compliquer la tâche de chirurgiens esthétiques et reconstructeurs. Toutefois, des solutions existent. Il faut s’en ouvrir à votre praticien.

Notons que nous sommes prêts, si vous le souhaitez, à vous donner une second avis sur ce point également.

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